
Taipei (Taïwan) – Le leader mondial des semi-conducteurs, Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), poursuit son ascension grâce à l’explosion de la demande en puces destinées à l’intelligence artificielle. Au deuxième trimestre 2026, le fondeur taïwanais a enregistré un chiffre d’affaires de 1 260 milliards de dollars taïwanais (environ 42,8 milliards de dollars américains), en hausse de 39 % sur un an. Son bénéfice net a atteint 911 milliards de dollars taïwanais, soit près de 31 milliards de dollars américains, un nouveau record pour l’entreprise.
L’IA représente désormais le principal moteur de croissance
TSMC fabrique les puces les plus avancées au monde pour des entreprises comme Nvidia, Apple, AMD, Qualcomm et Broadcom. La demande explose avec la multiplication des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.
Les processeurs destinés aux applications d’IA représentent désormais la part de croissance la plus dynamique de l’activité du groupe. Les commandes de puces gravées en 3 nanomètres et 2 nanomètres continuent d’augmenter, ces technologies étant indispensables pour les nouveaux modèles d’intelligence artificielle générative et les infrastructures cloud.
Les géants américains investissent des sommes inédites
La progression de TSMC s’explique également par les dépenses records des grandes entreprises technologiques.
Le 22 juillet, Alphabet (Google) a annoncé relever son objectif d’investissements (capex) pour 2026 à 195–205 milliards de dollars, contre 180–190 milliards annoncés précédemment. Cette hausse est principalement destinée à construire de nouveaux centres de données et à acheter davantage de puces pour l’IA.
Dans le même temps, Google Cloud a vu son chiffre d’affaires bondir de 82 % sur un an pour atteindre 24,8 milliards de dollars, illustrant la forte demande des entreprises pour les infrastructures d’intelligence artificielle.
Une capacité de production sous tension
Pour répondre à cette demande, TSMC accélère l’expansion de ses capacités industrielles. L’entreprise poursuit la construction de nouvelles usines à Taïwan, aux États-Unis, au Japon et en Allemagne.
Malgré ces investissements, plusieurs analystes estiment que l’offre de puces haut de gamme restera inférieure à la demande au moins jusqu’en 2027. Les processeurs destinés à l’entraînement des modèles d’IA nécessitent des procédés de fabrication extrêmement complexes, dont TSMC détient aujourd’hui plus de 60 % du marché mondial de la sous-traitance (foundry).
Les semi-conducteurs deviennent un enjeu géopolitique
Au-delà des résultats financiers, la domination de TSMC renforce l’importance stratégique de Taïwan. Les États-Unis, l’Union européenne et le Japon multiplient les programmes de soutien à leur industrie des semi-conducteurs afin de réduire leur dépendance vis-à-vis de l’île.
Dans le même temps, les restrictions américaines sur les exportations de technologies avancées vers la Chine continuent de remodeler les chaînes d’approvisionnement mondiales, poussant les fabricants à diversifier leurs sites de production.
Une industrie portée par l’essor de l’IA
Les résultats de TSMC confirment que la révolution de l’intelligence artificielle ne profite plus seulement aux éditeurs de logiciels ou aux fournisseurs de services cloud. Elle transforme désormais toute la chaîne industrielle, depuis les fabricants de puces jusqu’aux exploitants de centres de données.
Avec un bénéfice trimestriel proche de 31 milliards de dollars, des investissements record chez ses principaux clients et une demande toujours supérieure à l’offre, TSMC s’impose plus que jamais comme l’entreprise la plus stratégique de l’économie numérique mondiale

