
Washington / Riyad – L’administration du président américain Donald Trump a officialisé un nouvel accord de coopération nucléaire civile avec l’Arabie saoudite. Présenté comme un partenariat destiné à accompagner la transition énergétique du royaume, le texte suscite déjà de vives critiques au Congrès américain et parmi plusieurs experts en non-prolifération, qui estiment que certaines garanties habituelles ont été assouplies.
Un partenariat stratégique entre Washington et Riyad
L’accord prévoit une coopération entre les deux pays pour développer le programme nucléaire civil saoudien. L’objectif affiché est de permettre au royaume de produire davantage d’électricité à partir de l’énergie nucléaire afin de réduire sa dépendance aux hydrocarbures et d’accompagner son plan de diversification économique « Vision 2030 ».
Washington présente ce partenariat comme un moyen de renforcer ses liens avec un allié historique au Moyen-Orient tout en limitant l’influence grandissante de la Chine et de la Russie dans le secteur nucléaire civil.
Les critiques portent sur l’enrichissement de l’uranium
Le principal sujet de controverse concerne la possibilité laissée à l’Arabie saoudite d’enrichir de l’uranium sur son propre territoire. Plusieurs élus démocrates, dont le représentant Brad Sherman, estiment que cette disposition s’écarte du modèle appliqué aux Émirats arabes unis en 2009, qui interdisait explicitement cette activité afin de réduire les risques de prolifération nucléaire.
Les opposants craignent qu’une telle capacité puisse, à long terme, être détournée vers un usage militaire, même si l’accord est officiellement limité à des objectifs civils.
Le contexte régional accentue les inquiétudes
Cette annonce intervient alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran restent particulièrement élevées. Les attaques menées par les rebelles houthis contre des navires en mer Rouge, les menaces autour du détroit d’Ormuz et les échanges de frappes indirectes entre Washington et Téhéran entretiennent un climat d’instabilité au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, plusieurs spécialistes estiment que le développement du nucléaire civil en Arabie saoudite pourrait encourager d’autres puissances régionales à réclamer des programmes similaires.
Le Congrès réclame davantage de transparence
À Washington, plusieurs parlementaires demandent désormais l’organisation d’auditions afin d’examiner les détails de l’accord. Ils souhaitent notamment connaître les mécanismes de contrôle prévus par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ainsi que les garanties permettant d’empêcher toute dérive vers un programme militaire.
L’administration Trump affirme, de son côté, que le partenariat respecte les engagements internationaux des États-Unis et qu’il contribuera à renforcer la stabilité régionale plutôt qu’à l’affaiblir.
Un dossier appelé à peser sur la diplomatie américaine
Au-delà de son aspect énergétique, cet accord pourrait devenir l’un des principaux sujets de politique étrangère des prochains mois. Il intervient alors que Washington cherche à consolider ses alliances au Moyen-Orient tout en maintenant une pression diplomatique sur l’Iran.
Les débats qui s’ouvrent au Congrès devraient déterminer si cet accord est perçu comme un levier stratégique face aux ambitions chinoises et russes ou, au contraire, comme un précédent susceptible de fragiliser les efforts internationaux de non-prolifération nucléaire.

